L'HARMONIE DE DIGOIN VOYAGE DANS LA COUR DES GRANDS :

Concours international au "Palais de la Musique" à Valencia

un troisième prix international vient couronner ses efforts

 

Pour clôturer une saison musicale chargée, l'Harmonie de Digoin est descendue en Espagne le dernier week-end de Juin : Valencia et son célèbre concours international d'Orchestres d'Harmonie l'attendaient de pied ferme. Ce concours réunit en majorité des sociétés Espagnoles qui travaillent dur toute l'année pour obtenir un prix d'honneur. Il est aussi ouvert aux sociétés étrangères : cette année, des orchestres de Suisse, Autriche et Italie participaient à la manifestation. Digoin était la seule Harmonie française. Elle concourrait en seconde division, la plus basse étant la troisième division.

Après un long voyage sans péripéties particulières, les musiciens s'installent dans l'hôtel trois étoiles qui leur est réservé. L'aventure commence : n'ayant d'autre contrainte que de studieuses répétitions, tous partent par petits groupes à la découverte de leur lieu de villégiature. Quelle joie de plonger dans la piscine bleutée située sur le toit, au onzième étage de l'hôtel, de sillonner le centre commercial proche en tentant de percer le mystère des mots étrangers, ou de “ zaper ” d'une chaîne à l'autre en se laissant bercer par le doux ronronnement des chambres climatisées.

Mais le moment crucial approche. Il est temps de se préparer : habillage, bus, déchargement du matériel au Palais de la musique. La tension monte. Nous sommes tout de suite invités à gagner la salle d'échauffement. Chacun joue puis s'accorde. Une autre harmonie stationne dans le hall. La chaleur est étouffante. L'attente interminable débute. Certains souffrent en silence des coups de soleil pris dans l'après-midi, d'autres ébauchent de courtes phrases qui n'obtiennent guère des réponses, d'autres enfin, allongés à même le sol, s'isolent dans leurs pensées. Une heure passe. Nous sommes appelés dans la salle de contrôle : chaque musicien présente sa carte d'identité qui est comparée au numéro inscrit sur la liste des organisateurs, puis l'attente reprend. Une télévision retransmet la prestation de l'harmonie précédente. C'est la fin. A nous !

 De chaleureux applaudissements nous encouragent tandis que nous nous installons, tendus. Avant que le chef n'arrive, nous jetons un coup d’œil à la salle : parquet ciré, murs en frisette et plafonds en bois : tout a été pensé pour le son. Les spectateurs sont confortablement installés dans des fauteuils de velours noir qui encerclent la scène. D'odorants bouquets de Lys égayent l'ensemble. Nous n'en profitons guère, l'esprit tourné vers les premières mesures du morceau imposé : “ Occuriencès ”, écrit spécialement pour la circonstance. Plutôt complexe. Pas évident de démarrer à froid là-dessus, d'autant plus que nous n'avons répété que neuf fois, le concours national nous ayant occupé le reste de l'année. D'un geste, le chef donne le départ. C'est la surprise générale : chacun s'entend jouer comme s'il était seul. Le moindre bruit est capté par l'ensemble de la salle. Impressionnant. Il faut s'adapter rapidement. Les mouvements se succèdent. Après une demi heure de scène - deux morceaux - nous repartons en silence.

Les harmonies suivantes font de brillantes prestations. Nous sommes particulièrement surpris par l'harmonie de Museros qui interprète magnifiquement ses deux morceaux. Elle obtiendra le prix d’honneur. Pour nous, ce sera une 7e place avec un 3e prix international. Mais le séjour est loin d'être fini. Le timing s'assouplit, même si la musique reste omniprésente : répétition, plage et tourisme ; nous clôturons la journée suivante par une tranquille aubade dans le parc d'une rivière asséchée. Les flâneurs attardés écoutent avec amusement nos joyeux trilles, en s'interrogeant sur l'origine de cet orchestre très animé

Mais déjà le départ a sonné : chargement des bus, derniers achats, dernières bises aux Espagnoles, direction Museros pour 80 mn de concert...à l'Espagnol : début à 23h, départ à 2h après un amical pot d'adieu et des promesses de retrouvailles...en 2005 à Digoin !

L'ambiance est morne dans les bus qui reconduisent les musiciens au Pays : à la fatigue accumulée s'ajoute la tristesse de la fin de séjour. La séparation est proche ; mais c'est avec soulagement que tous voient apparaître l'Ecole de musique après 19 heures de bus. Chacun s'en va la tête pleine de souvenirs.

Maud PERROY